L'obligation espagnole de dématérialisation de la documentation du fret favorise son adoption malgré des difficultés liées à la préparation, selon un webinaire organisé par TransFollow et l'IRU

Les leaders du secteur soulignent que la digitalisation améliore l’efficacité opérationnelle, tandis que des disparités dans l’adoption, le niveau de préparation des clients et des défis d’interopérabilité persistent alors que l’Europe se prépare à l’eFTI.

Les exigences espagnoles en matière de documentation du fret numérique obligatoire ont mis en évidence des différences significatives dans le niveau de préparation du secteur, selon les opérateurs de transport et les représentants de l’industrie qui se sont exprimés lors d’un webinaire organisé par TransFollow et l’Union internationale des transports routiers (IRU).

Malgré ces défis, les participants ont souligné les avantages de la digitalisation et l’importance de se préparer aux changements réglementaires à venir dans toute l’Europe.

Webinar speakers: Alexis Perinet-Marquet (TransFollow), Carlos Gallo (TransFollow), Mehdi Abdellaoui (Toyota), Ramon Valdivia (Astic), Rafael Jurado (Votorantim Cimentos), Teddy Danet (Jacky Perrenot)

Les avantages à long terme de la digitalisation doivent être la priorité

Le webinaire, qui s’est tenu le 21 octobre et a rassemblé environ 500 inscrits, a examiné la mise en place, le 5 octobre, du document de contrôle administratif électronique (DeCA) en Espagne, ainsi que les préparatifs en vue du règlement de l’Union européenne sur les informations électroniques relatives au transport de marchandises (eFTI).

« La nouvelle législation espagnole représente une avancée importante pour la digitalisation du fret, obligeant les entreprises à repenser la manière dont elles gèrent et échangent les documents du fret », a déclaré Carlos Gallo, directeur national pour l’Espagne chez TransFollow.

« Si la mise en conformité avec le DeCA constitue la priorité immédiate, les entreprises devraient également envisager les opportunités à long terme offertes par la digitalisation, qu’il s’agisse de réduire la charge administrative ou d’améliorer la collaboration au sein des chaînes d’approvisionnement. »

Un sondage réalisé auprès des participants a révélé que 40 % d’entre eux s’appuyaient encore exclusivement sur des documents de transport papier, tandis que 24 % testaient des solutions digitales, 20 % les avaient mises en place sur certaines opérations et 16 % fonctionnaient principalement en mode digital.

Ramón Valdivia, vice-président exécutif de l’Asociación del Transporte Internacional por Carretera (ASTIC), a indiqué que 64 % des membres interrogés disposaient de systèmes capables de générer les codes QR requis, mais que de nombreux clients n’étaient toujours pas prêts pour cette transition.

 

« Nous croyons fermement à la digitalisation, comme le montre notre histoire, mais nous pensons que les entreprises devraient l’adopter en raison de ses avantages, et non simplement parce que les gouvernements la rendent obligatoire », a déclaré M. Valdivia.

Il a averti que la simple mise en conformité représenterait une occasion manquée, arguant que les plus grands avantages commerciaux proviendraient de la digitalisation des relations entre les entreprises de transport et leurs clients.

L’enquête de l’ASTIC a également révélé que 42 % des personnes interrogées n’avaient rencontré aucune difficulté à utiliser des documents électroniques lors de trajets nationaux, tandis que 24 % ont indiqué que plus de la moitié de leurs trajets n’avaient pas respecté la nouvelle exigence digitale au cours des deux premières semaines.

 

Témoignages de ceux qui sont déjà passés au numérique : Toyota, Jacky Perrenot, Votorantim Cimentos

Teddy Danet, directeur des systèmes d’information du groupe Jacky Perrenot, a expliqué que ce groupe de transport et de logistique, qui exploite plus de 6 000 véhicules dans huit pays, avait commencé à mettre en place la documentation numérique avant même que les délais réglementaires ne l’exigent.

« Lorsque les autorités fixent une échéance, cela fait avancer l’ensemble de l’écosystème », a déclaré Teddy Danet.

« La transition est plus courte, et c’est mieux, car cela nous évite de devoir composer pendant longtemps avec des solutions mixtes, certaines sur papier, d’autres digitales, qui ne sont pas toujours compatibles. »

Teddy Danet a souligné l’importance de fournir aux chauffeurs une application unique capable de répondre aux différentes exigences des clients, plutôt que de mettre en place des systèmes distincts pour chaque expéditeur.

Le webinaire a également donné la parole à Votorantim Cimentos, représentée par Rafael Jurado Hornero, responsable logistique pour le sud de l’Espagne et les îles Canaries, qui a indiqué avoir généré environ 1 300 lettres de voiture électroniques en une seule journée sur l’ensemble de ses sites espagnols.

Mehdi Abdellaoui, spécialiste senior en ingénierie des systèmes de chaîne d’approvisionnement chez Toyota, a expliqué que la documentation du fret numérique s’inscrivait dans le cadre des efforts plus larges du constructeur visant à éliminer les processus administratifs superflus et à améliorer le partage d’informations entre les partenaires de la chaîne d’approvisionnement.

 

« Chez Toyota, la digitalisation n’est pas une fin en soi », a déclaré M. Abdellaoui.

« L’objectif est de disposer d’un processus plus efficace et allégé. Avec le processus papier actuel, nous avons beaucoup d’activités sans valeur ajoutée, telles que la numérisation, l’archivage et la recherche de documents. »

M. Abdellaoui a ajouté que l’interopérabilité entre les différents systèmes restait essentielle pour garantir que les expéditeurs, les transporteurs et les destinataires puissent accéder aux mêmes informations sans alourdir la charge administrative.

Les évolutions réglementaires accélèrent la digitalisation

La discussion s’est ensuite orientée vers l’eFTI, en vertu duquel les autorités des États membres de l’UE seront tenues d’accepter les informations électroniques sur le transport de marchandises conformes à partir du 9 juillet 2027.

« L’Espagne montre comment les évolutions réglementaires peuvent accélérer la transition vers des opérations de fret digitales, mais les avantages de la digitalisation vont bien au-delà du simple respect des exigences nationales individuelles », a déclaré Alexis Périnet-Marquet, directeur général de TransFollow.

« À l’approche de l’entrée en vigueur de l’eFTI, les entreprises de toute l’Europe ont l’occasion d’investir dans des solutions numériques interopérables qui améliorent l’efficacité, renforcent la collaboration et les préparent aux futures exigences réglementaires. »

Le webinaire était animé par Vincent Erard, directeur principal de la stratégie et du développement à l’IRU.

TransFollow propose des solutions de documentation du fret numérique qui permettent aux transporteurs, aux expéditeurs, aux transitaires et aux prestataires logistiques de créer, d’échanger et de gérer des informations de transport électroniques.

Pour en savoir plus sur les mises en œuvre réussies de documents de transport digitaux avec TransFollow, cliquez ici.